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Le conseil d’administration de la Corporation en est venu à cette triste conclusion compte tenu des maigres recettes provenant de la vente de billets et des projections d’affluence qui ne sont guère davantage reluisantes. Ainsi, la dernière représentation du spectacle «AO la légende» a été présentée à l’amphithéâtre Desjardins, samedi dernier.
«Prendre une décision de cette ampleur n’a pas été facile, mais le gouffre financier qui se dessinait ne nous donnait d’autre choix», a indiqué, en conférence de presse, le président du conseil d’administration des Légendes fantastiques, Louis‐Philippe Baril.
Histoire à succès
Pour la direction des Légendes fantastiques, l’interruption de ses activités n’est pas un constat d’échec, mais plutôt la conséquence d’une conjoncture défavorable à la présentation d’activités culturelles à grand déploiement en région. Somme toute, l’initiative a permis à Drummondville de se positionner avantageusement durant 13 ans comme destination touristique, à plusieurs jeunes talents locaux de se faire valoir et a entraîné d’importantes retombées économiques pour les commerçants, restaurateurs et hôteliers de la région. En fait, il s’agit d’une histoire à succès dont la formule est arrivée au bout de sa vie utile.
«La température des deux dernières saisons nous a forcé à entamer la présente année avec une faible marge de manoeuvre financière. Dans notre esprit, le facteur pluie expliquait en grande partie la baisse progressive de l’affluence, mais force est de constater qu’une autre variable, que nous avons également décriée auprès de différentes instances par le passé, est encore plus puissante : l’attraction grandissante des régions de Québec et Montréal et leur panoplie de spectacles, festivals et événement gratuits. Malgré tout notre bon vouloir, l’arrivée de nouvelles idées, l’appui majeur de nos partenaires et le soutien financier de première importance de la Ville de Drummondville, nous ne pouvions réussir seuls», a lancé M. Baril, en soulignant que son organisation est toujours en attente d’une contribution financière en provenance du ministère du Tourisme.
La mise sur pied de l’Association des spectacles à grand déploiement du Québec avait notamment pour objectif de sensibiliser les paliers gouvernementaux supérieurs à l’importance de financer ce type de produit d’appel touristique en région. Rappelons que les Légendes fantastiques réclament avec véhémence, et ce, depuis des années, un financement adéquat et récurrent afin de présenter un spectacle de qualité qui a engrangé pas moins 550 000 $ dans les coffres du gouvernement du Québec, uniquement l’an dernier.
«L’absence de soutien gouvernemental n’explique pas tout, mais il est clair que nous nous trouverions aujourd’hui dans une situation plus confortable si nous avions pu trouver écho à nos demandes, a souligné le président de la Corporation des Légendes fantastiques. D’un point de vue touristique, deux monstres ont été créés, et il ne reste plus que des miettes pour les régions. Aujourd’hui, c’est «AO la légende» qui disparaît, mais demain, ce sera au tour de qui?»
«AO n’est pas un phénomène isolé. D’autres attraits observent cette année une baisse d’affluence, a renchéri le commissaire au tourisme chez Tourisme Drummond de la Société de développement économique de Drummondville (SDED) et trésorier de la Corporation des Légendes fantastiques, Daniel Rioux. Notre région n’est pas non plus la seule à faire les frais de l’attractivité de Montréal et Québec. C’est une tendance lourde du tourisme en région.»
Plus de 400 000 heures de bénévolat
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«Des discussions ont eu lieu au cours des dernières semaines pour tenter un ultime sauvetage, mais sans succès», a précisé Louis‐Philippe Baril.
De son côté, le directeur général des Légendes fantastiques, Laval Carrier, a tenu à saluer les membres de son équipe et l’inlassable dévouement des bénévoles d’hier et d’aujourd’hui. Depuis 1998, ceux‐ci ont donné plus de 400 000 heures de leur temps pour procurer aux Drummondvillois des spectacles qui ont fait leur fierté.
«Mes pensées vont d’abord et avant tout à nos 300 bénévoles qui ont cru depuis le début à cette belle et grande aventure et qui, beau temps mauvais temps, en période de tourmente comme en temps de réjouissances, se sont dévoués corps et âme, a‐t‐il lancé. Je remercie les employés, les artisans et artistes qui ont permis la réalisation de ces grands spectacles. Je salue également les créateurs qui nous ont fait rêver, mais aussi les administrateurs de la Corporation pour leur ténacité, et spécialement notre président. Je ne pouvais espérer avoir à mes côtés meilleur général.»
Octave, Rosie, Zap et compagnie, sortis tout droit de l’imaginaire débordant de Raôul Duguay et qui ont pris vie grâce aux Michel Cusson, Érick Villeneuve, Yvon Bilodeau, Luc A. Plamondon et au talent des comédiens et artisans, tirent donc leur révérence.
Espérons que le message d’espoir qu’ils véhiculent depuis 2007 résonnera encore longtemps dans les mémoires…








